ELECTROPHORESE DE L'HEMOGLOBINE

Le sang d’une personne adulte contient principalement de l’hémoglobine A (HbA), une faible proportion d’hémoglobine A2 (HbA2) et de l’hémoglobine fœtale (HbF) à l’état de traces.

 Les hémoglobines anormales font partie d’un groupe de maladies héréditaires collectivement appelées les hémoglobinopathies.Les hémoglobinopathies sont la conséquence d’une mauvaise synthèse des chaînes de globine qui forment la molécule d’hémoglobine et une anomalie peut se produire de deux façons : tandis  que les hémoglobines anormales sont la conséquence de la production d’une chaîne de globine  dont la structure est différente, les hémoglobinopathies peuvent aussi être provoquées par la  diminution de la production d’une chaîne de globine dont la structure est normale. Dans ce cas, les chaînes d’?-globine et de ?-globine sont synthétisées en quantités inégales. Le déséquilibre de la production de chaînes qui en résulte entraîne une production inadéquate de l’hémoglobine normale et crée un excès de la chaîne de globine produite normalement, formant un tétramère instable. Les maladies provoquées par ce déséquilibre de la production de chaînes sont appelées les syndromes thalassémiques. Anomalies qualitatives : HémoglobinopathiesLa plupart sont des anomalies de structure, dues au remplacement par mutation d’un acide aminé par un autre sur l’une ou l’autre chaîne. Les conséquences de la mutation varient suivant la position de l’acide aminé muté et de celui qui le remplace, l’intégrité de certaines parties de la molécule étant plus particulièrement nécessaire à sa viabilité et à son bon fonctionnement.Plus de 1 400 variants de l’hémoglobine adulte sont actuellement définis et décrits. Les premières hémoglobines anormales étudiées, et les plusnombreuses, sont dues à une modification de la charge électrique globale de la molécule, entraînant une détection facile par électrophorèse.Cinq hémoglobines anormales principales présentent un intérêt particulier d’un point de vue anthropologique et médical : S, C, E, O-Arab et D.Hémoglobine SLa plus fréquente, due à une mutation d’un acide glutamique de la chaîne ß (acide aminé acide No. 6) par une valine (acide aminé neutre) : elle présente ainsi un point isoélectrique augmenté par rapport à l’hémoglobine A. Sa charge négative globale est donc diminuée au pH de l’analyse : cette hémoglobine migre plus rapidement que l’hémoglobine A. Dans la technique CAPILLARYS HEMOGLOBIN(E), en tampon alcalin, l’hémoglobine S migre entre les fractions A et A2, à environ 1 /3 de la distance A - A2, côté A2.Hémoglobine CLa mutation est due à un acide glutamique de la chaîne ß remplacé par une lysine (acide aminé basique No. 6) : elle présente ainsi un point isoélectrique augmenté par rapport à l’hémoglobine A. Sa charge négative globale est donc diminuée au pH de l’analyse : cette hémoglobine migreplus rapidement que les hémoglobines A et A2, dont elle est partiellement séparée, ce qui améliore nettement le diagnostic médical. De plus, les hémoglobines C, E, O-Arab ne se superposent pas sur le profil électrophorétique et peuvent donc être distinguées facilement.Hémoglobine EUn acide glutamique de la chaîne ß (No. 26) est remplacé par une lysine. Dans la technique CAPILLARYS HEMOGLOBIN(E), l’hémoglobine E migre juste après l’hémoglobine A2 dont elle est totalement séparée. En présence d’hémoglobine E, la fraction A2 peut alors être quantifiée afin de détecter une ß thalassémie.Hémoglobine O-ArabUn acide glutamique de la chaîne ß (No. 1 21 ) est remplacé par une lysine. Dans la technique CAPILLARYS HEMOGLOBIN(E), l’hémoglobine O-Arab migre avec la fraction A2. Dans ce cas, la quantification de l’hémoglobine A2 est alors rendue impossible. Quand cette fraction est supérieure à 9 %, la présence d’hémoglobine O-Arab peut être suspectée. Cette dernière ne peut être confondue avec les hémoglobines C et E car elles sont séparées de la fraction A2.Hémoglobine D (-Los Angeles)Un acide glutamique de la chaîne ß (No. 1 21 ) est remplacé par une glutamine. Dans la technique CAPILLARYS HEMOGLOBIN(E), l’hémoglobine D (nommée D-Punjab, D-Los Angeles, D-Chicago ou D-Portugal) migre en position anodique par rapport à l’hémoglobine S, ce qui permet de ladistinguer de celle-ci.Anomalies quantitatives : ThalassémiesElles constituent un groupe assez hétérogène d’affections génétiques caractérisées par la réduction du taux de synthèse d’une ou de plusieurschaînes de l’hémoglobine. Le mécanisme de cette réduction à l’échelon moléculaire est encore mal connu.Il existe différents syndromes thalassémiques :Les alpha-thalassémiesElles sont caractérisées par la diminution de synthèse des chaînes ?, affectant par conséquent la synthèse des 3 hémoglobines physiologiques.L’excès de synthèse des chaînes ß et ? par rapport aux chaînes ? provoque la formation de tétramères sans chaîne ? :• Hémoglobine Bart = ?4,• Hémoglobine H = ß4.L’hémoglobine H possède un point isoélectrique relativement bas. Dans la technique CAPILLARYS HEMOGLOBIN(E), elle migre en positionbeaucoup plus anodique que l’hémoglobine A (et peut être présente sous la forme d’une ou de plusieurs fractions).Les bêta-thalassémiesElles sont caractérisées par la diminution de synthèse des chaînes ß. Seule la synthèse de l’hémoglobine A est affectée.Les pourcentages des hémoglobines F et A2 sont donc augmentés par rapport à l’hémoglobine A. Dans la technique CAPILLARYS HEMOGLOBIN(E),les valeurs des différentes hémoglobines normales obtenues permettent de détecter les cas de bêta thalassémies.Note : Voir aussi : Les recommandations HAS : Syndromes thalassémiques majeurs  et intermédiairesSyndromes thalassémiques majeurs  et intermédiaires - actualisation 2009Syndromes drépanocytaires majeurs de l'enfant et de l'adolescentSyndromes drépanocytaires majeurs de l'adulte Ou lire aussi les fiches d'Orphanet :L'alpha-thalassémie La Béta-thalassémieLa drépanocytose Version : 02-15.